Nom de la série : Pendragon
Tome : 3
Titre du Tome: Le roi Griffe
Scénario : Jérôme Le Gris
Dessin : Paolo Martinello
Couleur : Martina Pignedoli
STORYBOARD : Benoit Dellac
Maison d'édition : GLENAT
Au sommet de Calibur repose l’épée perdue du Roi Dragon. Celui qui parviendra à s’en emparer deviendra le nouveau Pendraig d’Alba et régnera sur les Sept Royaumes. Malgré une tempête de neige d’une rare violence, les sept souverains des Basses Terres entreprennent, sans arme, l’ascension de la montagne sacrée. Mais cette quête, censée départager les prétendants selon la volonté des dieux, tourne rapidement à l’affrontement lorsque Vortiporius transgresse les règles en attaquant Arthur. Gravement blessé, ce dernier ne doit sa survie qu’à l’intervention de Thordric, tandis que les rivalités entre les différents royaumes ne cessent de s’exacerber.
Après un premier tome consacré à l’installation de cet univers médiéval-fantastique et un deuxième centré sur la quête menée par Merlin pour retrouver celui qui restaurera l’équilibre d’Alba, Jérôme Le Gris fait ici évoluer son récit vers un véritable drame politique. L’album ne cherche pas à raconter l’émergence d’un roi conquérant, mais celle d’un homme que rien ne prédestinait au pouvoir.
C’est d’ailleurs toute la force du scénario. Arthur n’est ni un guerrier assoiffé de gloire ni un chef de guerre avide de conquêtes. Il apparaît comme un homme profondément guidé par ses valeurs, davantage préoccupé par la protection des siens — et notamment par son amour pour Elwen — que par l’exercice du pouvoir. Cette approche apporte une véritable fraîcheur à une légende pourtant maintes fois revisitée et rend le personnage particulièrement attachant. Plus qu’un élu, Arthur devient progressivement un chef naturel auquel les autres personnages choisissent librement d’accorder leur confiance.
Sur le plan graphique, Benoît Dellac et Paolo Martinello livrent une prestation de tout premier ordre. Les planches impressionnent autant par leur richesse que par leur lisibilité, tandis que le découpage donne une dimension très cinématographique à l'ensemble. Certaines séquences d'action, comme l'affrontement entre Mordred et Kael, s'étalent sur plusieurs pages et bénéficient d'une mise en scène nerveuse qui accentue la tension dramatique. Les paysages enneigés, la violence des combats et les expressions des personnages contribuent à immerger pleinement le lecteur dans cette épopée.
Si Pendragon demeure une lecture exigeante en raison de la richesse de son univers, de son grand nombre de protagonistes et de la complexité des alliances politiques, cette densité constitue aussi l'une de ses principales qualités. Les auteurs font confiance à l'intelligence du lecteur et construisent progressivement une fresque épique qui ne cesse de gagner en ampleur au fil des albums.
À ce jour, ce troisième tome est sans conteste le plus abouti de la série. Plus maîtrisé dans son rythme, plus fort émotionnellement et particulièrement spectaculaire dans sa mise en scène, il confirme toutes les ambitions de Pendragon. La conclusion, qui annonce l'arrivée d'un personnage majeur de la légende arthurienne, laisse entrevoir un final qui pourrait bien être à la hauteur des promesses de cette excellente réinterprétation du mythe.
Nom d'utilisateur : LABANDEDU9
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