Nom de la série : POST MORTEM
Scénario : Pierre Alary
Dessin : Pierre Alary
d'après : Dr Philippe Boxho
Maison d'édition : Kennes
Après quelques négociations, le médecin légiste Philippe Boxho accepte d’être suivi par Pierre Alary, qui souhaite en savoir plus sur son métier. Direction la salle d’autopsie pour étudier le corps d’un homme a priori tué par balle. L’originalité du cas est qu’il présente un orifice d’entrée, mais aucun trou de sortie.
Dans la salle d’autopsie se trouvent également un enquêteur, un photographe scientifique et un assistant. Philippe Boxho se concentre : il faut mettre l’humain de côté, prendre son scalpel et respecter les procédures. Il commence par une incision de la nuque jusqu’à la pointe des fesses, puis poursuit sur les jambes, du haut des cuisses jusqu’aux talons, avant de s’occuper des bras. Il décolle ensuite l’ensemble des tissus avec un objectif précis : retrouver le projectile, qui pourrait être logé sous la peau.
Le médecin va alors poursuivre ses recherches sur les organes, tout en ponctuant ses gestes de quelques anecdotes tirées de son expérience.
Philippe Boxho est un personnage hors du commun. Ce médecin légiste belge, titulaire d’une licence en criminologie, compte à son actif plus de 6 000 examens de cadavres, 2 500 autopsies et 300 sollicitations à la barre devant des cours d’assises. Toutes ces expériences l’ont notamment conduit à se lancer dans l’écriture de romans, dans lesquels il romance certaines histoires inspirées de ses anecdotes autour des autopsies. Ses ouvrages deviendront rapidement des succès et le mèneront à faire de plus en plus d’apparitions télévisées, notamment dans Les Grosses Têtes, une émission qui lui correspond particulièrement bien compte tenu de son humour pince-sans-rire.
On retrouve d’ailleurs cet humour dans certaines de ses dédicaces préférées : « Profite bien de la vie avant d’être dans mes livres » ou encore « Je préfère faire parler les morts que d’entendre les vivants se plaindre ».
Édité aux Éditions Kennes, il ne restait finalement qu’un pas à franchir pour basculer dans le neuvième art.
Et pour un personnage exceptionnel, il fallait lui rendre hommage et mettre en lumière sa vie et son métier de manière tout aussi exceptionnelle. C’est pourquoi Pierre Alary, dessinateur de cette BD, va aborder la mise en scène en dehors de toute convention.
Il va tout d’abord créer un petit personnage, une sorte de conscience, qui va suivre Philippe Boxho et interagir avec lui. Puis l’auteur ne va pas traiter une biographie chronologique de l’homme, mais plutôt mettre en avant le travail du spécialiste à travers un véritable cas d’école.
Pour dynamiser l’ensemble, Pierre Alary va couper ce fil rouge avec des anecdotes toutes plus invraisemblables les unes que les autres, auxquelles il donne cette fois un véritable découpage de bande dessinée.
Au final, les lecteurs sortent de cette lecture avec une belle surprise. Nous sommes loin d’une simple adaptation ou d’une biographie : il s’agit plutôt d’une véritable immersion dans le monde de l’autopsie et de la criminologie.
Philippe Boxho et Pierre Alary réussissent à faire passer, avec humour et une certaine réflexion philosophique, des images qui auraient été difficilement supportables en photographie ou en vidéo. Cet album est presque un « livre d’anatomie pour les nuls », tant il est bien construit et pédagogique.
Un album que nous ne pouvons que conseiller, à la fois pour son sujet, sa facilité de lecture et le très bon moment qu’il permet de passer en compagnie de ces deux auteurs admirables. Merci à eux, ainsi qu’aux Éditions Kennes, pour cette belle découverte.
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