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Son of a gun Son of a gun

Son of a gun - Tome 1

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Nom de la série : Son of a gun
Tome : 1
Scénario : Philippe PELAEZ
Dessin : Sébastien Corbet
Couleur : Sébastien Corbet
Maison d'édition : GRAND ANGLE

Kentucky, Dolores, Cleveland… et Biquette : quatre personnages très différents les uns des autres, mais aux destins de baroudeurs, que l’appât du gain va réunir. Car l’argent est toujours plus fort pour des chasseurs de primes et des arnaqueurs. Un très bon moment de détente avec ce western pastiche où les balles fusent autant que l’humour.

Des coups de feu retentissent : trois hommes font irruption dans la banque. Très rapidement, la tunique bleue chargée de la sécurité est mise K.-O., tout comme le guichetier et certains clients. Les chiens aboient, les coups pleuvent, les balles fusent et les braqueurs usent sans difficulté de la violence pour parvenir à leurs fins et repartir rapidement. Mais au moment de monter sur leurs chevaux, le shérif arrive en courant. L’un des braqueurs ne lui laisse aucune chance et l’abat sans sommation.

Quelque temps plus tard, la population est réunie au saloon. La banque offre 1 000 $ à qui capturera les bandits, mais un autre problème se pose : il n’y a plus de shérif, et son adjoint ne se sent pas le courage de prendre sa place. Sort alors de l’ombre un étranger du nom de Kentucky T. McBride, qui se présente comme ancien convoyeur de fonds, ancien chasseur de primes, et se propose de devenir le shérif de la ville afin de partir à la poursuite des braqueurs… Lui qui en réalité a braqué la banque quelques heures plus tôt.

Et c’est parti pour un western complètement barré, drôle, bourré de références, mais doté d’une vraie logique scénaristique.

En effet, le scénariste Philippe Pelaez ne dévoile pas d’emblée l’ensemble des protagonistes. L’histoire débute avec Kentucky T. McBride, dit le Bandit, avec lequel les lecteurs passent une trentaine de planches. Personnage au physique charmeur, aimant faire parler la poudre en premier, il sème les ennemis un peu partout sur son passage. Son destin va l’amener à croiser celui de « la belle » Dolores Cordora de Sandoval, une chasseuse de primes séduisante, sans pitié, accompagnée de Tortilla, un énorme dogue allemand. Elle est notamment à la recherche de Cleveland Kirtley (le nain), dont la tête est mise à prix pour s’être enfui avec la fortune du président Juarez.

Le trio se retrouve alors dans une troisième partie de l’album, avant un rebondissement menant à une quatrième partie en compagnie d’une chèvre du nom de Biquette, dite « la bête ». Il n’y a donc pas, à proprement parler, de héros principal : aucun personnage ne prend véritablement le dessus. Chacun vit sa période de l’histoire, avec des physiques et des personnalités différents, mais tous partagent le même objectif : l’appât du gain.

Autant dire que Philippe Pelaez ne laisse rien au hasard, pas même le titre. Comme le précise l’auteur, la traduction littérale « fils de flingue » ne signifie pas grand-chose, mais en anglais, l’expression se rapprocherait de « enfoiré », ou « bâtard » pour rester mesuré. Elle évoque des enfants à la paternité douteuse, une expression utilisée dès le XVIII? siècle, époque où, lors de longs voyages en bateau, certaines femmes étaient contraintes d’accoucher entre deux canons. Merci à l’auteur pour ce moment de culture. Son of a Gun aurait aussi pu s’intituler Le méchant, la belle, le nain et la bête, en référence au film Le Bon, la Brute et le Truand. Les auteurs ont toutefois préféré rendre hommage à ce monument du cinéma par la couverture, qui rappelle l’affiche originale et permet également de saluer le travail de Renato Casaro, célèbre illustrateur-peintre italien, et plus largement tout un pan du western cinématographique.

Le dessin est confié à Sébastien Corbet, que l’on voit généralement dans des registres très différents, comme Au nom du fils chez Rue de Sèvres. Il propose ici un trait très caricatural et très pastiche, où les personnages prennent le pas sur les décors. Un choix qui fonctionne parfaitement avec l’état d’esprit du scénario.

Un très bon moment de détente et d’évasion dans un Mexique poussiéreux, en compagnie de pistoleros qui n’hésitent pas à faire parler la poudre, et de personnages charismatiques, souvent drôles à leur insu, notamment grâce à des expressions animalières détournées.
 
 

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : LABANDEDU9

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