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Lejeune Lejeune

Stand still

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Nom de la série : Stand still
Scénario : Lee Loughridge
Dessin : Andrew Robinson et Alex Riegel
Couleur : Lee Loughridge
Maison d'édition : Delcourt collection contrebande

Avec Stand Still, Lee Loughridge, accompagné de Andrew Robinson et Alex Riegel, propose chez Delcourt un thriller nerveux à haut concept, autour d’une idée simple, mais terriblement efficace : figer le temps.

 
   L’histoire s’ouvre dans un bar de motards. Ambiance lourde, regards en coin, et au comptoir, un homme : Ryker Ruel. Chemise hawaïenne, clope au bec, il commande tranquillement un mojito. Le ton monte rapidement avec le barman, les sarcasmes fusent, et les clients décident de lui faire comprendre qu’il n’est pas le bienvenu. Et puis, en un instant… Silence. Le barman se retrouve seul, tous les autres sont morts, massacré, sans avoir rien vu venir.
Ryker, lui, s’en va comme si de rien n’était.
   En parallèle, la vie de Colin Shaw part en morceaux. Sa compagne le quitte, lassée de le voir sombrer depuis la perte de son travail. Mais très vite, Shaw met de côté ses problèmes personnels. Quelque chose cloche. Des crimes apparaissent un peu partout dans le monde : Karachi, des fast-foods ravagés, des corps mutilés, des scènes de violence sans lien apparent. Et pourtant, un détail revient, un schéma se dessine. Shaw comprend alors ou du moins, pense comprendre. Ancien scientifique, il a participé à la création d’un prototype révolutionnaire : un bracelet capable de figer le temps. Un prototype récemment volé dans un laboratoire du pentagone.
Et si tous ces crimes étaient l’œuvre d’un seul homme, libre d’agir pendant que le reste du monde est figé ?
Commence alors une traque à l’échelle mondiale. Convaincu de sa théorie, Shaw met au point une seconde version du bracelet, moins puissante, imparfaite, mais suffisante pour une chose : rester conscient lorsque le temps s’arrête. Son objectif est clair : retrouver Ryker Ruel et mettre fin à cette spirale de violence.
Mais la chasse ne sera pas solitaire. Devant l’ampleur des massacres, le Pentagone lâche un assassin d’élite dans la course. Une troisième variable, imprévisible, qui vient encore compliquer la traque.

 
   Le récit enchaîne alors les séquences sans temps mort. Course-poursuite, affrontements, déplacements à travers le monde tout en conservant un rythme fluide, efficace, presque implacable. Le concept fonctionne très bien. Cette idée de temps figé, exploitée du point de vue d’un tueur totalement détaché, apporte une tension constante. Une impression d’inéluctable. Mais surtout, une vraie question plane :
 Pourquoi toutes ces victimes ?
 Et quel est le fil conducteur derrière ce chaos ?
   Graphiquement, l’album démarre très fort. Le trait est réaliste, précis, avec une vraie maîtrise des ambiances et des expressions. Les scènes de tension sont lisibles, impactantes, bien mises en valeur.
Mais arrivé au milieu du récit (milieu du 4e chapitre), un changement de dessinateur vient casser cette dynamique. Le style devient plus caricatural, moins détaillé. Certains visages deviennent difficiles à reconnaître, et la lisibilité globale en prend un coup. Là où le début installait une immersion solide, la fin paraît plus fragile, presque déséquilibrée. Un choix qui à mon gout nuit clairement à l’expérience, surtout sur un récit aussi rythmé.
   Malgré ce bémol, Stand Still reste une lecture prenante. Le concept est fort, bien exploité, et le rythme ne faiblit jamais. On est sur une BD nerveuse, efficace, portée par une idée simple mais redoutable. Dommage que la partie graphique ne tienne pas sur la durée, car elle avait tout pour en faire un véritable coup de cœur.
  Une bonne lecture tout de même dans l’ensemble, que je recommande malgré ses imperfections.

 

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : bibione

Nombre de chroniques publiées : 98