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Sucre noir Sucre noir

Sucre noir

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Nom de la série : Sucre noir
Scénario : Virginie Ollagnier
Dessin : Efa
Couleur : Efa
Maison d'édition : Le Lombard

Ce beau roman graphique nous porte au VENEZUELA du début du siècle dernier au travers d'une saga familiale où une rhumerie et un trésor de pirates se mêlent à l'ambition.
Sur le littoral vénézuélien à Maracaibo durant la seconde moitié du XIXème siècle, la légende de la présence d’un trésor pirate demeure tenace. La jeune et distante Serena n’y échappe pas, elle qui vit près de l’emplacement supposé de ce trésor. Ses parents sont à la tête d’une rhumerie qui produit le meilleur rhum de la région, mais la jeune fille a d’autres préoccupations et rêve inlassablement au prince charmant qu’elle espère voir répondre aux annonces qu’elle envoie à la radio locale. Un jour, un jeune homme, Severo, se présente à la rhumerie et se propose d’y travailler avec opiniâtreté tout en espérant mettre la main sur le fameux trésor. Et si dans un premier temps Serena est déçue car le jeune homme ne correspond pas à ses attentes, l’amour va néanmoins naitre entre eux. Malheureusement leur désir d’enfant ne se concrétise pas, et un miracle se produit avec la découverte dans des circonstances improbables d’une nouveau-née qu’ils vont adopter. Baptisée Eva et conduite par une ambition de fer, elle va, une fois devenue adulte, moderniser la rhumerie en suivant la révolution industrielle qui touche alors le pays avec toujours en filigrane cet obsessionnel trésor.  
Cette adaptation du roman du franco-vénézuélien Miguel BONNEFOY par Virginie OLLAGNIER nous plonge dans un VÉNÉZUELA méconnu et digne d’intérêt. Ainsi, la radio régulièrement allumée dans le foyer de Serena nous permet de suivre de manière originale et pertinente le contexte économique et politique du pays. En effet, la révolution industrielle portée par l’industrie pétrolière influence directement le destin des protagonistes de l’ouvrage avec le libéralisme économique. Le destin d’Eva permet alors au lecteur de se plonger dans un monde fait de traitrises mais aussi de réussites économiques à nuancer néanmoins sur le plan social. Ce personnage résume à elle seule un capitalisme conquérant mais destructeur. Par ailleurs, les dessins et la couleur du dessinateur espagnol EFA sont un enchantement avec un travail riche, précis et varié. Cette qualité corrobore son propos publié sur la RTBF :  "même avant de dessiner, quand je pense aux images que je vais mettre dans la page, c’est avec la couleur que ça apparaît ». Les personnages et les paysages sont ainsi idéalement plantés et respirent l’exotisme.
Au final, cette fresque familiale offre un moment agréable de lecture et d’évasion qui touchera indubitablement un public varié.

A propos du chroniqueur

Nom d'utilisateur : Bouli

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