Nom de la série : The Eminence in Shadow
Tome : 16
Scénario : Daisuke Aizawa
Dessin : Anri Sakano
Maison d'édition : Doki doki
Ce seizième volume nous plonge au cœur de l'arc de Velgalta, une étape où l'absurdité de Cid Kagenou atteint des sommets alors que les enjeux géopolitiques s'emballent. Toujours persuadé que le monde entier joue une immense partie de jeu de rôle grandeur nature avec lui, Cid continue de naviguer à vue dans une mer de complots bien réels.
L'intrigue se concentre sur les manigances du Culte de Diabolos au sein du royaume de Midgar, alors que la tension monte autour de l'Académie des Chevaliers-Mages. Cid, toujours prisonnier de son propre délire et persuadé que les complots mondiaux ne sont que des mises en scène pour son plaisir personnel, continue de jouer les figurants de luxe tout en préparant ses interventions sous les traits de Shadow. Ce tome explore particulièrement la dualité entre la menace réelle que représente le Culte et la perception totalement décalée qu'en a notre protagoniste, créant des situations d'un comique de répétition toujours aussi savoureux.
Le récit gagne en intensité avec l'implication directe de personnages clés comme la princesse Alexia et les membres du Shadow Garden. On assiste à une véritable montée en puissance des enjeux dramatiques pour les personnages secondaires, qui luttent avec un sérieux mortel contre des forces qui les dépassent. Pendant ce temps, Cid, fidèle à lui-même, s'amuse à détourner les codes du genre pour peaufiner son image d'éminence grise. La force de ce volume réside dans sa capacité à faire progresser l'intrigue globale — notamment sur les origines du Culte et les secrets de la possession démoniaque — tout en maintenant ce décalage permanent qui fait le sel de la série.
Visuellement, Anri Sakano livre des planches d'une grande richesse, particulièrement lors des séquences de combat qui ponctuent ce tome. Le design des nouveaux adversaires et l'utilisation des ombres renforcent l'atmosphère sombre et fantastique du titre. Le dessinateur excelle à retranscrire la puissance écrasante de Shadow, dont chaque apparition est traitée avec un sens du spectacle et de la mise en scène qui contraste violemment avec la banalité volontaire de Cid. Le découpage est nerveux et permet de suivre les multiples points de vue avec une fluidité exemplaire, rendant la lecture particulièrement addictive.
Ce tome 16 confirme que la série n'a rien perdu de sa superbe et continue de parodier les codes de l'isekai avec brio. Entre révélations sur le passé et démonstrations de force spectaculaires, l'équilibre entre humour et action est parfaitement maintenu. La fin du volume laisse entrevoir des bouleversements majeurs pour l'équilibre des pouvoirs, laissant le lecteur dans l'attente fébrile de voir comment le "génie involontaire" de Cid va encore une fois transformer un chaos mondial en une réussite totale pour le Shadow Garden.