Nom de la série : Tourner la page
Scénario : ZEP
Dessin : ZEP
Couleur : ZEP
Maison d'édition : Rue de Sèvres
Tourner la page où comment renaitre quand on est un auteur dont la célébrité s’étiole. ZEP y répond à travers cet opus avec un esthétisme qui est à souligner.
Lambert DELVILLE est un auteur à succès récompensé par le prix Femina. Néanmoins, son dernier ouvrage, Itinéraires occultes, se vend mal comme le montre une séance de dédicaces où l’auteur attend désespérément ses lecteurs. De plus, son éditrice juge son dernier manuscrit « une longue geignardise », et un nouveau romancier dont les ventes explosent reçoit prioritairement ses faveurs. DELVILLE est en effet devenu un auteur en fin de carrière poussé sur la touche par le besoin de nouveauté. Et, pour couronner le tout, sa compagne le quitte ne supportant plus l’homme qu’il est devenu, toujours en quête de sa notoriété perdue. Il est donc temps pour lui de tourner la page en prenant la mer, seul avec son voilier, en mer Egée. A la suite d’un violent orage, on retrouve l’épave de son bateau mais pas son corps ; l’écrivain est donc laissé pour mort. Ce n’est pourtant qu’un subterfuge, et notre héros s’est réfugié sur une petite ile grecque où il espère entamer une nouvelle vie en déclarant : « je pense que c’est meilleur d’être mort… de son vivant ! ». Cependant, son décès entraine un regain d’intérêt pour son œuvre ; son manuscrit est publié et se retrouve à la première place des ventes ce qui suscite des convoitises.
Avec ce roman graphique, le créateur de Titeuf poursuit ses publications, chez Rue de Sèvres, avec une histoire complète davantage destinée à un public adulte. ZEP s’interroge ici sur ce qui fait la renommée d’un auteur tout en critiquant le monde de l’édition. Une confusion naît alors entre l’auteur suisse et le personnage de fiction de DELVILLE avec une question essentielle : peut-on être libre après avoir été sous le feu des projecteurs ? Néanmoins, le récit ne se limite pas à cette dimension en basculant dans le thriller d’une manière qui frise le rocambolesque. La piste de l’introspection aurait pu ainsi se suffire à elle-même. Par ailleurs, le graphisme de cet ouvrage est une parfaite réussite avec des couleurs à l’aquarelle qui sont d’une grande beauté. Les personnages et leurs sentiments sont alors précisément dépeints tout comme les paysages grecs dans lesquels nous nous immergeons.
En somme, ZEP nous livre ici un beau récit offrant un bon moment d’évasion.
En somme, ZEP nous livre ici un beau récit offrant un bon moment d’évasion.