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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article 1972, des ombres sur la glace

1972, des ombres sur la glace

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1972, Des ombres sur la glace
 

Scénario: Frédéric Bertocchini
Dessin: Thierry Diette
Couleurs: Pascal Nino
Édition: Tartamudo

 

1972, Des ombres sur la glace conte l'histoire (réelle) d'un groupe de survivants au crash du Fairchild FH-227 survenu le vendredi 13 (ça ne s'invente pas...) octobre 1972 lors d'un vol reliant l'Uruguay au Chili. Ce fait divers a été médiatisé de manière internationale non seulement pour le fait exceptionnel que plusieurs dizaines de personnes ont survécu au crash mais aussi (et surtout) pour le cannibalisme engendré par la nécessité de survivre des rescapés. Cinquante ans après cette tragédie, Frédéric Bertocchini et Thierry Diette accompagnés de Pascal Nino nous offrent un récit aussi vif et cinglant que le blizzard de la cordillère des Andes en plein hiver.
 

1972 Des ombres sur la glace

L'histoire commence de façon prometteuse : un groupe de jeunes rugbymen uruguayens se rendent au Chili pour disputer un match amical. Leur fougue et leur enthousiasme semble à toute épreuve : heureux d'être ensemble, impatients d'observer des montagnes pour la première fois de leur vie, cette bande de jeunes hommes (accompagnés parfois de quelques membres de leur famille) prend à peine ombrage du petit retard dans leur périple. En effet, pour cause de conditions climatiques incertaines, les pilotes décident de faire une escale avant de traverser la cordillère des Andes. Cependant face à la pression exercée par les rugbymen mais aussi pour des raisons législatives (le Fairchild est un avion militaire et ne peut donc, par conséquent, pas rester plus de 24h en territoire argentin), le vol reprend en fin de journée.

Le lecteur découvre alors très vite que les inquiétudes des pilotes ainsi que le mauvais pressentiment de Roberto Canessa, le narrateur, étaient fondés. L'avion, qui vole trop près des montagnes, ne parvient pas à reprendre de l'altitude et se retrouve coupé en deux. Alors que les passagers qui se situent dans la queue de l'appareil se retrouvent projetés dans les airs, les personnes placées à l'avant de l'appareil finissent leur course d'une façon plus heureuse, pour la plupart. En effet, un petit miracle se produit : on dénombre plusieurs dizaines de survivants, parfois gravement blessés mais aussi d'autres qui s'en sortent complètement indemnes ! 

La mise en place du contexte se veut très rapide : en effet, l'essentiel du récit ne se situe pas dans l'origine des personnages, dans leur passion sportive ou leur histoire. Il se trouve dans leur caractère, dans leur comportement face aux épreuves qu'ils doivent surmonter jours après jours, heures par heures. Si quatre pages suffisent à mettre en place l'intrigue, plus d'une centaine d'autres sont nécessaires pour conter l'indicible et toute la palette d'émotions qui transpercent les naufragés du Fairchild FH-227, prisonniers d'un océan de glace interminable et meurtrier pendant deux mois.

Le choix d'utiliser une narration à la première personne et d'opérer un découpage temporel quasiment au jour par jour permet de gagner en intensité et en immersion. Nous sommes au plus près du drame et de ses acteurs, nous vivons les épreuves quotidiennes auxquelles ils doivent faire face sans visibilité sur la suite des événements. Même le choix typographique peut servir cet objectif : en effet, il aurait été préférable pour le confort de lecture que les caractères soient un peu plus gros, mais cette taille de police a le mérite d'obliger le lecteur à se focaliser davantage sur l'ouvrage, à s'en rapprocher physiquement, le lecteur accompagnant ainsi au plus près les espoirs et les désespoirs des protagonistes. De cette proximité, pour ne pas dire intimité, naît un huis clos à ciel ouvert.

C'est là que réside, à mon sens, tout le talent des auteurs de ce livre ; dans l'art du contraste. Graphiquement les scènes les plus intenses sont enrobées dans des couleurs chaudes (principalement dans les teintes orange et rouges) tandis que l'album est prédominé par des couleurs froides. Scénaristiquement, les scènes de joies intenses et d'espoirs alternent avec des moments, plus ou moins longs, de tristesse profonde et de désespoir. De la même manière, le sentiment d'étouffement et l'ambiance de huis clos prend place au sein d'un espace immense et symbole de liberté absolue : la montagne.

L'histoire de ces miraculés a maintes fois été contée et reprise, notamment au cinéma. Cependant, c'est la première fois qu'elle est adaptée en bande dessinée (cinquante ans après les faits) et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle était nécessaire. Il ne s'agit pas d'une énième copie d'un même fait mais bien d'une interprétation personnelle, documentée et sensible d'une histoire extraordinaire.



Tiffany
Chroniqueuse
La Bande Du 9
 


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