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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article Elle s’appelait Sarah

Elle s’appelait Sarah

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Elle s’appelait Sarah

Scénario : Tatiana DE ROSNAY et Pascal BRESSON
Dessin : HORNE
Couleurs : HORNE
Éditions : Marabulles

Cette bande-dessinée reprend avec brio le roman de Tatiana de ROSNAY, et nous fait suivre la tragédie de Sarah STARZYNSKI, figure de tous les Juif·ve·s raflé·e·s par la police française le 16 juillet 1942 avant d’être déporté.e.s.
 

Le roman de Tatiana de ROSNAY publié en 2007 était captivant grâce à l’enquête de la journaliste Julia JARMOND qu’on suit pas à pas pour découvrir les secrets de sa belle-famille dont elle découvre qu’elle est associée à cette inconnue Sarah. Le scénario de la bande-dessinée reprend telles quelles les investigations de l’Américaine pour notre plus grand plaisir tant elle respecte la structure et la narration émouvante. On retrouve alors le parallèle entre la vie privée de Julia, qui va emménager dans l’appartement parisien de la famille de son mari, et l’article qu’elle doit rédiger sur la Rafle du Vél d’Hiv’ pour en commémorer les soixante ans. Julia doit alors lutter contre les réticences de sa belle-famille qui refuse de reconnaître la spoliation dont elle a été complice puisque l’appartement dont elle est si fière était celui de Sarah et sa famille qui, comme d’autres milliers de Juif·ve·s, ont été déporté·e·s et vu leurs biens confisqués et volés. Julia va chercher à tout prix à découvrir ce qu’est devenue Sarah hantée par la mort de son jeune frère Michel qui s’était caché dans un placard lors de la rafle en lui promettant de revenir le chercher, mais sans savoir qu’elle le retrouverait mort après avoir réussi à se sauver du camp de Beaune-la-Rolande. Les secrets individuels rejoignent alors dans cette histoire les silences collectifs de compromission.
 

Si cette œuvre est fictive, l’arrière-plan historique est lui réel, et Sarah est la représentante de toutes les victimes de la haine imbécile fasciste. Julia, elle, figure les personnes qui, par ignorance ou indifférence, perpétuent les atrocités commises par leur amnésie. De plus Pascal BRESSON porte avec virtuosité le scénario dont le rythme ne perd jamais en intensité.  Les planches, quant à elles, réussissent à nous faire suivre les deux époques de la Seconde Guerre mondiale et les années 2000 grâce à des dessins aux couleurs plus sombres pour illustrer 1942 où seule se détache la chevelure blonde de Sarah. Les pensées et émotions de la jeune fille sont également bien retranscrites, et s’il n’était pas évident de procurer la même émotion que celle du roman, plus volontiers introspectif, les auteurs parviennent à toucher par des mots percutants et un trait saisissant comme avec la représentation maléfique, sombre et sans visage des policiers français.
 

La lecture de ce roman graphique conduit à un nécessaire devoir de mémoire en impliquant directement le lecteur avec la correspondance contemporaine de l’intrigue.
 
Lydie et Nicolas


Nicolas
Chroniqueur
La Bande Du 9


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