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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article Interview MOTUS

Interview MOTUS

Bonjour MOTUS, afin de faire un peu plus connaissance, peux-tu passer par la question traditionnelle de bien vouloir te présenter auprès de nos internautes et nous exposer ton parcours.
Oui. Et bien je suis scénariste de bande dessinée depuis maintenant 4 ans. J’ai toujours rêvé de faire ce métier depuis mon adolescence et même, maintenant que j’y pense, probablement depuis la lecture de ma première BD, et ensuite de mes premières BD lorsque j’étais enfant. On peut dire que je m’y suis mis sur le tard sans ne jamais cesser d’écrire et de poser mes idées sur le papier. Et puis un beau jour, à l’aube de mes 40 ans, je me suis lancé dans l’aventure.
 

Ta série Tangala, se déroule dans le Madagascar d’après guerre, Est-ce une période qui te tient à cœur ou un concours de circonstance ?
C’est plutôt un concours de circonstance. Je travaillais déjà à l’élaboration d’un projet avec Tojo à cette époque qui n’a malheureusement pas rencontré le succès escompté. Quand il nous a semblé évident que nous avions fait fausse route, Tojo m’a parlé d’un projet qui lui tenait à cœur mais qu’il n’arrivait à mettre sur pied. En parallèle, Jean-Luc Schneider (éditeur chez Des Bulles Dans l’Océan) cherchait à nous faire travailler ensemble. L’un et l’autre ont créé une synergie et TANGALA a vu le jour. J’ai donc mis sur pied un scénario d’aventure documenté, basé sur une période de l’histoire coloniale française peu connu du grand public.

Tangala est malgache, Séverin son ami est un colon français qui tombe amoureux d’Aina la sœur de Tangala. Mais cette dernière ne semble pas vraiment du même avis. On pourrait s’attendre à une banale histoire d’amour impossible mais pas du tout, le lecteur est prit à contrepied. Cette introduction permet-elle de mettre en avant les écarts de la colonisation où chaque colon pense que tout lui appartient ?
Oui et non. J’ai voulu avant tout retirer tout angélisme du récit, écrire une histoire qui parle de l’Homme avec ses défauts et ses qualités ; si possible la moins manichéenne possible sur les relations entre les personnages. Il y a donc, comme partout, des cons et des moins cons. Peut importe qu’ils soient colons ou colonisés (dans le cadre de Madagascar s’était plutôt un protectorat), chacun à des habitudes, une culture, une éducation, et elle détermine un mode de pensée et de réactions. Alors non, même en recontextualisant, tout les colons individuellement n’étaient pas d’infâmes tortionnaires. Mais oui, a force d’abuser, le pouvoir politique coloniale a créé un fossé entre les deux cultures et une défiance légitime du peuple malgache envers leur « protecteur ».
 


Pourtant Severin ne semble pas un mauvais garçon est semble sincère dans ses sentiments. Mais cette annonce est le déclencheur du côté anti-colon et Séverin va payer le prix fort. Une autre manière, je pense de montrer les dérives de l’extrémisme ?
Oui, à chaque bord ses extrêmes. Toujours, malheureusement.

Ensuite Tangala va être accusé d’un crime qu’il n’a visiblement pas commis et l’homme va se durcir. Est-ce que tu as voulu montrer par ce changement que n’importe quel homme peut sortir de ses gonds à partir du moment où il est acculé ?
Soit il abdique, soit il lutte avec force. La trahison et le sentiment d’injustice font d’énormes dégâts sur chacun d’entre nous. Et cela se vérifie encore à notre époque. Pour Tangala, qui a vécu la guerre et la libération de la France en tant que soldat, il n’a pas d’autres choix que de se battre. Son rôle de commerçant et d’homme intègre lui étant injustement retiré, il fait appel à ses dernières ressources et le soldat ressurgit.

L’histoire se déroule en 1947 et tu arrives à retranscrire parfaitement la bêtise humaine des relations blanc-noir. Aujourd’hui pense tu que les choses ont changé avec le temps ?
OUI ! Malgré les problèmes qui existent encore, je vois à travers le mode de pensé des jeunes générations que cela évolue dans le bon sens (le rôle des parents à son importance, bien sur). Le concept de race à travers l’espèce humaine disparait progressivement et tant mieux. De toute façon le problème de la couleur de peau n’est qu’un prétexte pour représenter des difficultés de compréhension culturelles et non raciales. L’Humain est une et indivisible « race ».
 


Dans le tome 2, on sent que le récit est beaucoup plus rythmé, il y a beaucoup plus d’action, de mise en dangers de Tangala, Est-ce un choix volontaire ou bien tu t’ai laissé entrainé par l’écriture ?
Une fois le cadre posé dans le 1er tome, les choses devaient logiquement s’accélérer. Tangala est un fugitif recherché qui doit se rendre au devant du danger pour sauver ce qui lui reste à sauver. C’était aussi une volonté programmé de changer de rythme, de « couleur », mais cela s’accordait assez logiquement avec l’intrigue.

Sans dévoiler la fin, cela ne se passe pas forcement bien pour tout le monde et cela aurait pu s’arrêter là finalement. Pourquoi donc un troisième tome ?
Haha. La question qui tue. On me la pose souvent lorsque je rencontre le public. Et bien, tout simplement parce qu’il reste encore des choses à traiter pour boucler la boucle, aussi bien pour l’histoire de l’île que pour celle de Tangala.
 

Allez un peu de teeasing, où en est le tome 3,  est ce que l’on peut avoir une petite exclu ?
Il avance, il avance. Nous en sommes quasiment à la moitié. Mais la distance nous fait travailler à un rythme plus lent que pour d’autres auteurs. Que les fans se rassurent, nous tenons bon ! Pour la petite exclue, il y aura certainement un double page magistrale ! D’ailleurs, j’en profite pour souligner le travail exemplaire de la couleur par Jérôme Alvarez (Tome 1) et Véra Daviet (tome 2). Sans l’intervention de ces deux bons coloristes, la réussite de Tangala ne serait pas la même je pense.

Compte tenu de ta situation géographique, tu t’ai tourné naturellement vers les éditions Des bulles dans l’océan, est ce que tu peux nous en dire un peu plus sur l’originalité de cette maison d’édition ?
Jean-Luc « the boss » Schneider est un éditeur installé à Saint-Denis de la Réunion. Depuis 1998, il a cœur de faire découvrir les auteurs de l’océan indien au public ou des histoires en rapport avec ce coin du monde. Cette année encore, il devrait promotionner une douzaine de nouvelle sortie.

Tu travaille en parallèle sur le projet les aventures de Bob et Dylan, Est-ce que tu peux nous faire le Pitch de cette série, où en êtes vous actuellement avec le dessinateur DJRK.
Les Aventures de Bob & Dylan ? C’est l’histoire de deux paumés, coincés entre une mafia locale cupide, un tueur à gage sociopathe et un trésor. Une tambouille sulfureuse dans un bled reculé du Nouveau-Mexique. Un Road-Movies qui s'inspire des univers décalés et sans pitié des frères Cohen et de Tarantino avec nos propres références.
A l’heure actuelle, nous avons terminé le premier épisode «  Le Français » que l’on peut lire gratuitement sur la page Facebook (voir le lien) ou sur notre blog (https://les-aventures-de-bob-et-dylan.over-blog.com). Un dossier est parti chez des éditeurs et nous attendons encore des réponses. Il est aussi prévu que nous en fassions un premier tirage à compte d’auteur pour le plaisir. Cette mini-série est écrite intégralement de toute manière. Nous attaquerons certainement le second épisode dans peu de temps avec un réel plaisir, comme pour tous les autres projets sur lesquels je travaille actuellement.
 
 

 
 
 

Eric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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