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La bande du 9 : La communaut du 9ème art

Bandeau de l'article La Venise des Louves

La Venise des Louves

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La Venise des Louves
 
Scénario : Aurélie WELLENSTEIN
Dessin : Emanuele CONTARINI
Couleurs : Alice SCIMIA
Éditions : Drakoo

 
Depuis qu’une ile s’est mystérieusement éteinte, Venise vit sous le joug d’étranges gondoliers noirs et de leurs bombes D. Seuls Renzo et ses louves ont le courage de s’opposer à eux et de chercher la vérité.
Avec un style résolument moderne et une intrigue très bien ficelée, La Venise des Louves vous assure un excellent moment de lecture tout en nous rappelant la bêtise de la guerre.
 
 
Venise vit de la peur ! Depuis qu’une île s’est mystérieusement éteinte, les habitants sont rançonnés par de mystérieux Gondoliers noirs aux pouvoirs surnaturels. Tout refus ou acte de rébellion est automatiquement sanctionné par un attentat qui détruit aussi sûrement tout le quartier que ses habitants. Ces bombes, appelées D, ont des effets surréalistes de distorsion, de dispersion, de déformation ou de démence. C’est ainsi que le prometteur Renzo, pianiste surdoué, a vu son bras tout simplement effacé. Furieux, il cherche à comprendre ce qu’il se passe autant qu’à se venger !  Pour cela, il réunit autour de lui quatre femmes, elles aussi victimes d’attentats. Ensemble, ils forment une nouvelle famille, une meute de loup. Ensemble, ils forment les 5 doigts de la nouvelle main mécanique de Renzo. Mais lorsque la jeune Angela est prise en otage par un terroriste, c’est toute la meute qui réagit, sans se rendre compte que la louve entre dans la bergerie…
 
S’il est bien une ville qui sied à la perfection à la science-fiction, c’est bien évidemment Venise. Ces canaux, ces maisons comme flottantes, sa myriade d’iles qui en fait un microcosme spectaculaire, tout cela rend le cadre fantastique. Et puis en février, à l’image de Dunkerque ou de Rio, il y a le spectaculaire carnaval avec ses somptueux déguisements et ses mystérieux masques. Mais ce Venise des Louves va bien au-delà de la simple science-fiction avec ses portails multidimensionnels et autres monstres. C’est ainsi que l’album s’ouvre sur une magnifique scène de marché. Ce qui intrigue rapidement, c’est la voix off qui présente. Tout aussi rapidement, on met un visage sur cette voix qui continue de nous raconter ce qui est arrivé à lui et à la cité des Doges. Il s’appelle Renzo, est plutôt joli garçon et a une superbe carrière de pianiste qui s’ouvrait à lui, jusqu’à une bombe D lui efface purement et simplement le bras. Ces bombes hors normes ont également d’autres effets dévastateurs : déformer, rendre fou ou disperser. Bien que l’intrigue se déroule au Grand Siècle, toute ressemblance avec notre monde actuel n’est absolument pas fortuite. Afin de se venger, Renzo va regrouper autour de lui quatre femmes, elles aussi victimes d’attentats. Ce qu’on découvre au fur et à mesure des pages, c’est qu’elles n’ont pas les mêmes symptômes et que surtout, elles ont été recueillies, réconfortées et remises sur pied grâce à la bonté et à la gentillesse du pianiste. Ensemble, ils forment un clan de loup qui cherche avant tout à comprendre ce qui arrive à la Sérénissime et à ses habitants. À travers cette intrigue dense, on retrouve les thèmes que j’ai déjà évoqués, la vengeance, la solidarité mais c’est surtout la résilience qui est au cœur de cet album. C’est incontestablement un message de paix, de fraternité, autant qu’une ode au dialogue et les petites touches sensuelles et fantastiques confèrent  à l’ensemble un côté sensationnel. Il ne faudrait pas oublier, dans ce cadre dithyrambique, d’évoquer le décor et donc les dessins. Outre le côté sexy des héros, masculins et féminins, chaque personnage est extrêmement expressif. Au premier coup d’œil, on sait qui est gentil et qui est méchant et on ne s’imagine pas qu’on puisse se tromper. Évidemment, la star absolue, c’est Venise. Et Emanuele Contarini nous la montre comme on l’a rarement vu. Le toscan ne se contente pas de représenter le grand canal, ses fondachi et la place Saint-Marc. Il nous emmène dans sur des petites places de marché, des îles plus mystérieuses et dans des demeures plus lugubres. Mais là où le dessinateur Italien frappe un grand coup, c’est sur la part de magie qui distille dans ses planches. Grâce à un découpage nerveux, certainement hérité du dessin animé, et à une colorisation très expressive, le fantastique devient palpable et cela est parfaitement envoûtant.
 
Avec ce one-Shot, la France découvre le talent d’Emanuele Contarini. Associé à un excellent scénario d’Aurélie Wellenstein, La Venise des Louves est une superbe lecture historico-fantastique qui n’oublie pas d’égratigner notre société actuelle.


Cédric
Chroniqueur
La Bande Du 9


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